Réflexion sur mon expérience

Huit ans que j’ai passé comme curé des deux paroisses St-Bonaventure et Saint-François d’Assise ! Et maintenant, je ne le suis plus et je suis assistant spirituel national de l’Ordre franciscain séculier. J’ai été heureux d’être curé. De beaux rassemblements et de belles fêtes.  Surtout d’essayer ou d’imaginer de nouvelles façons de faire. Par contre, qu’est-ce que j’ai rencontré aussi?

A côté d’un dévouement incontestable, malheureusement, bien des conflits de personnalité et des chicanes. Dans les deux paroisses que j’ai servies, j’ai été témoin de personnes qui prenaient une responsabilité ou en convoitaient une : et lorsque les choses ne tournent pas comme elles le souhaitent, le pensent, le voudraient, ces personnes disparaissent des paroisses…Je sais de quoi je parle, je l’ai vu dans les deux paroisses.

Mais quel est donc le but d’une paroisse? Est-ce un lieu pour enregistrer les baptêmes, mariages et sépultures? Oui, bien sûr, ces grandes étapes dans les vies des personnes. Mais une paroisse, ça ne devrait pas être d’abord un état civil. Nous nous réunissons une fois par semaine à l’église pour nous mettre à l’écoute de l’Évangile. Or l’Évangile nous dit que « les derniers seront les premiers », « Celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive, » L’Évangile nous appelle au service humble, à suivre l’exemple de Jésus qui lave les pieds de ses disciples, etc, etc.

Tout cela, nos bonnes gens l’entendent. Ils sont censés aussi l’écouter. Ils sont aussi censés le pratiquer.

Comment se fait-il qu’on les voit changer de paroisse? Quand ce n’est pas abandonner la fréquentation de l’église, le dimanche. Est-ce que l’Évangile a pénétré leur cœur? Un jour, au diocèse, un professeur de l’Université St-Paul, nous avait donné une présentation sur la croissance des paroisses.

Croissance, oui. Je suis d’accord. Si possible, plus de monde pour accueillir le message de Jésus Christ. Mais du monde convaincu. Du monde qui s’efforce réellement de faire pénétrer dans leur vie le message d’amour, de paix, de partage et de générosité si présent dans l’Évangile.

Ce n’est jamais terminé.

Frère Alix Poulin OFM Cap.