La parabole du père miséricordieux

Autrefois, on parlait de « la parabole de l’enfant prodigue » en mettant l’emphase sur le péché. Mais aujourd’hui, on parle plus volontiers de « la parabole du père miséricordieux », en mettant l’emphase sur la générosité du père qui attend, accueille son fils « qui était perdu et qui est retrouvé ». L’accent n’est plus mis sur les fautes, le péché, mais sur le pardon et la miséricorde. En écoutant cette parabole nous sommes souvent tentés de la réduire à une simple leçon de morale: le cadet est l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire, et le père est si bon qu’il pardonne les égarements de son fils. Mais le but de cette parabole n’est pas d’abord de nous dire ce qu’il nous faut faire ou ne pas faire. Le but est de nous révéler ce que Dieu fait pour nous en Jésus-Christ.

         Il se jeta à son cou et l’embrassa. Voilà comment le père juge et comment il corrige : il donne un baiser au lieu d’un châtiment. Cette parabole veut nous dire que Dieu nous aime d’un amour inconditionnel. Dieu n’attend pas de grandes paroles, de profondes excuses, mais bien un simple geste de retour à Lui. 

       Selon les mots de Thérèse, il faut le prendre par le cœur. Ainsi se convertir, c’est entrer dans la joie du Père, c’est accepter d’être aimé par un amour qui aime sans condition. Dieu ne nous aime pas pour ce que nous rêvons de devenir, il nous aime au contraire pour ce que nous sommes. Dieu n’aime pas notre idéal, mais il aime notre réalité. Et la bonne nouvelle est qu’il nous aime aussi avec nos faiblesses. Ce n’est pas notre puissance qu’il aime mais bien tout ce que nous sommes!

                                                                     Frère Shibu George